
Bouffées de chaleur : briser le tabou de la ménopause
résumé
Vieillir, Ô vieillir…
Réédité aux éditions de la Découverte, l’essai de Miriam Stein, journaliste allemande, aborde son expérience personnelle de la périménopause avec précision, objectivité et humour. A travers un regard spontané, sensible et intime, elle ajuste son propos d’études scientifiques menées sur le sujet et propose un ouvrage libérateur sur la vieillesse et ses conséquences, pas seulement tragiques ou douloureuses.
Page après page, elle démystifie la ménopause, insiste (et convainc) sur le fait que le vieillissement n’est pas un trouble psychique, ni une perte de tout pouvoir de séduction. Avec intérêt, elle compare notre société occidentale et sa culture du jeunisme avec la Corée du Sud notamment, plus attachée à valoriser l’expérience et la sagesse chez les femmes mûres que l’apparence physique des corps. Elle rassure, déculpabilise, invite à se détacher du jugement des autres, à ressentir de la joie, à lever les tabous sur ce corps qui se modifie, à vieillir selon ses propres conditions.
“En fin de compte, vieillir rend heureux. On grossit et on prend des rides, bien sûr mais en même temps, on est beaucoup plus libre.” (Isabella Rossellini)
Découpé en 16 chapitres aux titres évocateurs (sécheresse vaginale, poils mal placés, rides et boutons, problèmes de sommeil, bouffées de chaleur, etc.) l’ouvrage cible de façon plutôt exhaustive les transformations physiques et psychiques qui traversent (ou peuvent traverser) la femme à une période de sa vie.
Agrémentés d’exemples personnels ou non, de références scientifiques pertinentes, d’une pointe d’humour et de détachement bienvenu, l’ouvrage devient une lecture agréable. On y pioche des informations, des conseils, du réconfort. On fait l’expérience d’une nouvelle communauté, on retrouve le droit de se sentir féminine, on apprend à supporter un changement massif qu’on n’a pas choisi.
On découvre avec intérêt notamment qu’il existe dans certaines entreprises (comme Santander, Vodafone et Channel 4), une politique en matière de ménopause. Ainsi par exemple, des ventilateurs de table, des bureaux climatisés, plus de congés maladie rémunérés, des horaires de travail flexibles et un service de suivi psychologique sont mis à disposition des salariées.
A mesure que la lecture se poursuit, un sentiment de plénitude semble pouvoir poindre. Il s’agit alors d’apprendre à coopérer avec son corps, d’être au plus près de ce que l’on est. De prendre conscience de la part de liberté qu’implique le fait de vieillir. “Mes trois enfants sont adultes […] Je suis de plain-pied dans la vie.”
Mais si convaincre une femme que la ménopause peut être un nouveau départ, la tâche semble plus ardue vis-à-vis des hommes.
Ainsi ce livre doit pouvoir se glisser dans des mains masculines. Ils sont concernés puisqu’ils vivent à nos côtés. C’est donc à eux que je recommande la lecture de Bouffées de chaleur puisque “ce n’est pas aux femmes de changer mais plutôt au monde qui les entoure.”
Cécile Pellerin - Chronique publiée le 22/08/2026


