
Dany dit non !
Ce court roman, destiné à des enfants de 8-10 ans, se lit vite, vraiment très vite, grâce à une écriture simple et fluide, sans vocabulaire ni phrases complexes. Il met en scène un jeune garçon, plutôt cancre - « un diable, un démon, un damné, condamné à le rester » - qui dit non à tout, surtout non à l’école mais se retrouve pourtant, bien malgré lui, délégué de classe en sixième. Sorte de rebelle, de « Bad boy » en culottes courtes. « Aller au collège, devenir grand, bête et méchant »
Qu’importe, ce nouveau statut va lui servir à assouvir davantage son insubordination, son insolence. A la fois redouté et admiré par les élèves de sa classe, Dany excelle à agacer les professeurs, provoque sans cesse des conflits, ne cherche aucunement la bienveillance des autres, ne se montre pas toujours aimable ni attachant, « moi, ma passion, c’est d’être méchant », peut même faire preuve de violence à l’égard des autres élèves. Il se fiche de l’image qu’il peut renvoyer, car finalement il porte peu d’estime à lui-même. « Dany aime qu’on ne l’aime pas, il veut qu’on ne le veuille pas. Il est Dany le dur, Dany le fort, Dany le libre… Dany le seul. »
Au fil de son expérience de délégué de classe, il va apprendre, malgré lui, à s’apprécier davantage, découvrir ses talents cachés et même à se faire des amis. Transformation délicate (grâce aux mots) d’un cancre en élève écouté puis respecté qui saura s’éloigner progressivement des couloirs de l’administration qu’il fréquente presque tous les jours. Un livre plutôt optimiste, assez léger qui laisse cependant un peu sur sa fin. L’histoire se conclue trop vite, manque de rebondissements, de rythme aussi pour accrocher le lecteur qui aurait aimé plus de fantaisie, plus d’humour aussi.
Même si la transformation de Dany n’est pas radicale, « un Dany ; ça ne se change pas, en tout cas pas d’un coup et jamais complètement », elle frôle parfois la caricature et ne convainc pas toujours. Le personnage reste peut être d’ailleurs trop superficiel, manque de présence, n’est pas assez décrit pour que le lecteur s’y attache et s’en fasse un ami.
Cécile Pellerin - Chronique publiée le 21/01/2013


