
L’histoire d’Aman
résumé
Les volcans sont vraiment formidables
Cette histoire, adaptée à de jeunes enfants à partir de 10 ans, est une ouverture sur le monde, à la fois nécessaire, culturelle et documentaire, toujours d’actualité. Elle porte en elle la tragédie de l’exil et la possible (re)construction d’une vie ailleurs que chez soi. A travers le courage et la résilience des uns et la solidarité des autres, ce roman, souffle un air d’humanité bienfaisant à transmettre sans attendre.
Né de l’actualité, inspiré également par le cinéma, le roman de Michael Morpurgo raconte le parcours éprouvant, cruel mais ordinaire d’un jeune Afghan Hazara, de Bamyan à Manchester.
Portée par trois voix, Aman le narrateur principal, Matt, son meilleur ami et le grand-père de celui-ci, la structure chorale permet, avec habileté, sensibilité et sans trop de questionnement, d’admettre que l’accueil des populations locales face à la terreur et la folie de la guerre, est une évidence, LA solution.
Retenu avec sa mère à Yarl’s Wood, un centre de rétention anglais, Aman est menacé d’expulsion vers l’Afghanistan après six ans de vie au Royaume-Uni. « Il est dans une espèce de prison maintenant, avec sa mère, depuis plus de trois semaines […] Ils sont venus le prendre comme s’il était un criminel ». A la demande son petit-fils, le grand-père rend visite à Aman.
Dans ce milieu hostile, Aman, encouragé par sa mère, va confier son récit dans lequel la violence, la pauvreté, la peur et la mort ont submergé trop tôt l’innocence et la douceur de l’enfance.
Mais au-delà des épreuves traversées, qu’une vie ordinaire d’adulte ne connaîtra sans doute jamais, Aman est aussi capable de se saisir des lueurs d’espoir et d’amitié aux abords des routes dangereuses. Sa rencontre avec Ombre, une chienne surgie de nulle part mais d’une fidélité absolue, interroge alors notre propre humanité, si rétive et hésitante, trop souvent inadaptée à notre condition.
« C’est étrange. Nous venions de perdre tout ce que nous avions au monde, et quelques minutes auparavant tout nous avait semblé complètement désespéré, mais à présent, le simple fait de la voir remuer la queue, nous redonnait de l’espoir. »
S’il est un message à retenir de ce livre (que je conseille vivement aux adultes d’ailleurs), c’est que la solidarité réchauffe et galvanise, fait du bien. La crainte de l’autre disparaît si l’on est capable de conserver sa spontanéité d’enfant. « Ce sont la peur et l’ignorance qui tuent les gens dans leur cœur, qui les rendent cruels ».
Cécile Pellerin - Chronique publiée le 27/12/2025


