
La baleine et le berger
résumé
La plage de Lorenzo
Ce très court récit d’Olivier Truc fait partie de la collection “Récits d’objets” initié par le musée des Confluences de Lyon. Des écrivain(e)s son invité(e)s à choisir un objet issu des collections du musée et à imaginer une histoire.
Enthousiasmée par la lecture de L’ourse qui danse (Simonetta Greggio) et Sœurs d’hier (Wilfried N’Sondé), deux précédents titres de la collection et fidèle aux romans d’Olivier Truc, l’acquisition de ce petit livre s’annonçait comme une évidence et un plaisir anticipé.
A la manière d’un conte populaire régional, Olivier Truc, à travers de très courts chapitres, raconte l’effervescence autour d’une baleine échouée sur une plage corse, à la fin du XIXème siècle.
Un jeune berger, Ulivieru s’occupe du troupeau de chèvres de son oncle (plutôt malveillant). Il les mène chaque jour vers le col de San Bastiano. De là-haut, on aperçoit la mer au loin mais Ulivieru est un homme de la montagne. “La mer appartenait aux gens de la côte.”
Ce matin-là, alors qu’une chèvre et son chevreau manquent à l’appel, il n’a pas d’autre choix que de franchir la crête. Sur la plage, de l’autre côté du col, “une masse sombre et longue.”
De cette découverte inhabituelle d’un mammifère marin échoué, qui n’a d’existence que dans les livres du maître d’école, Ulivieru s’empresse de raconter sa surprise au vieux Tramoni. Ce dernier y voit déjà l’opportunité de s’enrichir. “Avec un seul fanon, tu peux t’acheter une calèche comme celle qui m’a explosé le genou.”
Mais en retournant près du cadavre de l’animal, le berger découvre le corps sans vie d’un jeune homme. Seul alors, sans l’aide du vieux Tramoni, de son oncle ou du maître d’école, sans même pouvoir se confier à sa charmante cousine Maddalena, il décide alors d’honorer le jeune marin. “Il le protégerait jusque dans l’au-delà.”
Absolu dans sa détermination, l’enfant Ulivieru va devenir un homme. Au-delà du mal et des violences subies, à travers un courage et une dignité remarquables. En quête de sens et de vérité, il va sauver, “de la méchanceté des hommes,” ce qui peut l’être encore.
“Il n’y avait pas de meilleur berger qu’Ulivieru dans ce coin de l’île.”
Personnage de fable, à la fois tendre et naïf, valeureux et héroïque, le berger et ses chèvres ravira les amateurs de contes. Pour les autres, l’écriture agréable, simple et soignée, les paysages corses finement dépeints et le charme d’antan contribueront à l’évasion.
Une invitation comme une autre à se rendre au musée des Confluences de Lyon.
Cécile Pellerin - Chronique publiée le 31/05/2026


