Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l'horizon.

Jack London

  • Couverture du livre: Le dico des mots qui n'existent pas

    Le dico des mots qui n'existent pas

    par Olivier Talon , Gilles Vervisch

    Dans la même veine que le dictionnaire du nouveau français, ce dico des mots qui n’existent pas(et qu’on utilise quand même), au jour d’aujourd’hui risque d’effrayer les lecteurs ignorants du langage commercialo-informatico-managérial, ceux-là mêmes qui se sentent également éloignés du jargon markéto-cosmétique, ou encore indifférents à l’univers des gamers , des joueurs de poker.

    Si de plus, ces lecteurs ont (à regrets) un niveau limité en compréhension anglaise et une petite aversion envers les journalistes sportifs, il est à parier que la plupart des mots de ce dictionnaire seront vite blacklistés, assurément pas additivés à leur vocabulaire usuel.

    Hélàs, cette attitude, finalement plutôt attachiante, mais sans doute inentendable pour des adulescents kikoulol, des no-life, certains trentenaires orchidoclastes, pourtant swags et trendys, pourrait vite être prise pour de la mélonite aigue, voire pour une tendance à se pépériser.

    Aussi, pour éviter tout barriérage, tout bashing de la part d’une génération, même si tout cela vous semble abracadabrantesque, acceptez, comme un private joke, de dire tchourissage ou cométissage (à propos de Philae) plutôt qu’atterrissage, de bilanter, de candidater plutôt que de faire un bilan ou de poser votre candidature.

    Osez raccourcir processus par process et vous deviendrez ainsi, le facilitateur à liker sans avoir besoin pour cela de mettre en place un quelconque grenelle ou d’inviter à un cocktail déjeunatoire tous les archidominants qui vous insupportentmais semblent pourtant si epsilonesques.

    Ainsi, même sans devenir une personne bankable ou un follower averti, il vous sera aisé de mythonner votre âge, peut-être même d’aphoner un verre sans risquer l’émétophobie.

    Dans cette France austéritaire, il est bon parfois de se laisser aller, de feignasser ou d’omnibuller, d’adopter un humour pythonesque face à cette faucuterie.

    Sinon, plus sérieusement, préférez peut-être l’ouvrage de Jean Maillet, Langue française : arrêtez le massacre (L’Opportun)

    Aplusse.

    Cécile Pellerin - Chronique publiée le 09/12/2014