
Le laboratoire des ombres
résumé
Embraser le monde
Si vous êtes un peu las(se) des thrillers psychologiques sanglants mais plutôt en quête d’une aventure policière assez rocambolesque (bien ancrée dans une réalité historique) et, de plus, attiré(e) par une intrigue vintage, so british, ce roman pourrait vous plaire.
Dans ce divertissement s’imposent un espion hors du commun, une enquête scientifique complexe, un brin d’humour ; le tout soutenu par une écriture soignée, précise et agréable, parfaitement adaptée au genre policier de l’époque victorienne.
Pour apprécier au mieux cette histoire, ne recherchez pas un suspense insoutenable, acceptez de progresser en même temps que les personnages dans la résolution du problème, ayez une curiosité scientifique, du pragmatisme et un esprit déductif rigoureux.
Enfin, au-delà même de l’aventure prenez le temps d’apprécier les descriptions très visuelles des différents quartiers de Londres au XIXème siècle (de Seven Dials, à Pall Mall, en passant par Downing Street, le Royal Institution ou encore les docks des Indes occidentales), capables de vous plonger dans une atmosphère sombre et mystérieuse dont le charme prégnant contrebalance un rythme parfois un peu engourdi.
Un vol de carnet contenant des notes scientifiques relatives aux recherches de Michael Faraday, célèbre physicien va entraîner l’agent secret Ashton dans une série de péripéties (inégalement captivantes) pour tenter de déjouer un complot qui pourrait menacer la couronne britannique, voire la sûreté internationale.
Epaulés par des personnages assez hauts en couleurs, les deux hommes vont œuvrer ensemble pour déjouer la folie meurtrière du mystérieux commanditaire du vol et surmonter quelques épreuves jusqu’au dénouement, plus laborieux qu’exaltant.
Si parfois le lecteur s’égare dans l’intrigue, se désintéresse des raisonnements scientifiques, la construction rigoureuse du roman permet de se ressaisir et d’éviter, malgré tout, trop d’ennui. Le sens du détail de Davis S. Khara pour inscrire l’histoire dans son époque est assez remarquable mais ne parvient pas, malheureusement, à contrebalancer le manque de rebondissements et de tension.
Une suite est à venir.
Sans moi.
Cécile Pellerin - Chronique publiée le 08/03/2026


