Lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde

Christian Bobin

Couverture du livre: Panique dans les vignobles

Panique dans les vignobles

par Serge Socier

Entre roman du terroir, intrigue policière et drame historique, ce livre avait de quoi contenter le lecteur versatile. Oser le mélange des genres, rompre le carcan ordinaire dans lequel une histoire s’enferme bien vite d’ordinaire pouvait séduire et étonner… Hélas, ce ne fut pas le cas, loin de là ! A trop vouloir mêler les genres, ce roman s’est littéralement perdu et le lecteur avec. Une lecture chaotique, entre dépit et consternation, compassion aussi parfois (envers l’auteur), ennui certain mais qui s’achèvera sans difficulté car pathétique et finalement attachante.

D’emblée, l’histoire a du mal à s’installer car les détails sont absents pour créer le décor et les personnages manquent d’envergure, de finesse et frisent la caricature la plupart du temps. Il y a d’abord la famille Lamary, propriétaire d’un vaste vignoble, le soldat allemand (plutôt aimable comme nazi), les bons et les méchants clairement identifiés, la morale, intacte au final et les frémissements d’une intrigue simili-policière si artificielle que le commissaire est d’un ridicule affligeant et le suspense inexistant tant l’histoire est cousue de fil blanc. Mais bon, on veut essayer d’y croire et les dialogues censés animer le récit sont si plats et peu naturels, qu’il est bien difficile, même avec de la bonne volonté, de s’imprégner du drame. On a presque envie de rire mais de second degré, il n’y a pas, hélas ! On hésite entre le roman à l’eau de rose et une vague sélection du Reader’digest pour lecteurs pressés. Tout est fade et sonne faux, dégouline de bons sentiments, de lieux communs, de phrases toutes faites, d’une fin théâtrale à souhait, sans surprise aucune.

Néanmoins, un passage authentique (un peu encyclopédique tout de même) relatant le secret de fabrication du champagne a suscité un intérêt, une attention, qui vaut peut être la lecture des 100 autres pages car l’écriture est soignée mais sans style original qui retiendrait l’attention. Bref un roman qui s’oublie vite et ne vaut pas vraiment le détour ni une critique d’ailleurs.

Cécile Pellerin - Chronique publiée le 06/08/2011