Lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde

Christian Bobin

Couverture du livre: Pieds nus

Pieds nus

par Rémi Courgeon

C’est un album aux tons très doux, au texte simple et assez bref qui raconte une histoire originale, amusante, empreinte de poésie et de drôlerie. Une histoire plaisante à la fois pour les parents lecteurs et leurs enfants peut être encore auditeurs.

Tim est un enfant déterminé. Une fin d’été, il décide de ne plus jamais porter de chaussures et s’y tient. Ses parents, d’abord étonnés, croient à une nouvelle lubie mais Tim n’en démord pas ; désormais il vivra pieds nus, été comme hiver, ici ou ailleurs. « Droit dans ses bottes », selon l’expression. Tous les subterfuges, les menaces ou chantages n’ébranlent pas sa décision.

Le temps passe, il grandit, affermit sa plante des pieds, se distingue encore parfois mais mène une scolarité assez ordinaire. Bachelier, il honore ses parents à 95%, voyage à Londres (sur les traces de Beatles) puis poursuit ses études dans une école de design et devient créateur de chaussures pour femmes. Une existence toute tracée et choisie, pour un jeune homme libre, mais toujours les pieds sur terre.

Vite, il trouve, malgré tout, chaussure à son pied en épousant une jolie femme et dessine pour elle des modèles bientôt célèbres dans le monde entier. Le voilà riche, très riche mais pieds et poings liés à son entreprise, peu disponible pour la famille. Alors sa femme le quitte. Il commence à perdre pied, marche à côté de ses pompes avant de se ressaisir, de prendre ses cliques et ses claques et d’entamer un tour du monde… à pied naturellement.

Un voyage qui le mènera loin, très loin. Mais au plus près des gens. Toujours bon pied, bon œil. La sagesse en plus.

Vous allez voir, ce livre, vous ne le lâcherez pas sitôt d’une semelle car sa lecture est réellement attachante et singulière et les illustrations très belles.

Décidemment, ça me botte !

Rémi Courgeon est diplômé de l’école Estienne, travaille dans l’édition et la publicité, est peintre également.

Cécile Pellerin - Chronique publiée le 27/06/2013