Lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde

Christian Bobin

Couverture du livre: Les clameurs de la Ronde

Les clameurs de la Ronde

par Arthur Yasmine

Arthur Yasmine est un jeune homme hors des courants, hors du temps, un poète vivant, comme il se définit et ce premier recueil livre au lecteur curieux et sans apriori "sept années d'écriture de vie et de travaux poétiques".

Que vous soyez ou non, d'humeur poétique, il suffit d'être sensible, un peu curieux pour parcourir ce court ouvrage, s'y accrocher, s'en échapper parfois, s'enthousiasmer, sourire, y revenir plusieurs fois. Puis recommencer.

Selon votre disposition, votre nature, l'instant de la journée, le contenu de ce petit livre ne semble pas pouvoir tenir en place, instable et troublant, il n'est jamais vraiment le même pour peu que vous osiez le prendre, puis le reprendre, au hasard des pages, en continu comme en discontinu, insaisissable, et en même temps attirant.

Vers libres, sonnets, prose, lettres, la poésie d'Arthur Yasmine ne s'enferme pas dans une construction spécifique ; multiple, elle virevolte, ose, irréductible, (très, trop ?) enflammée, parfois convaincante, à vif, tellement singulière, ambitieuse à vouloir faire renaître une Poésie en avant, "faire jaillir la parole comme un poignard. La faire briller comme un talisman."

Il est question de la vie, de la mort, de l'amour, de la rupture, de la création artistique, de colère et de révolte. Il est question de sauver la Poésie, de se battre dans la Ronde.

"Les vrais poètes se mettent face aux mots."

Inédit, exalté et courageux, toujours sensible, direct, parfois subversif, le recueil est sans tricherie. Le combat d'Arthur Yasmine est respectable, passionné et viscéral. Accessible, sa poésie implique celui qui la découvre. Immédiatement ou après-coup, selon ce que nous sommes.

"La poésie doit donc chercher de nouveaux aspects, de nouveaux styles, de nouveaux risques, en se mettant face au péril de la vie […] Ce livre est un morceau de muscle encore battant".

Cécile Pellerin - Chronique publiée le 05/02/2016